Devis site internet : les 5 questions à poser avant de signer
5 min de lecturePHTM Consulting
Vous avez demandé trois devis pour votre site. L'un dit CHF 4'800, l'autre CHF 9'500, le troisième CHF 890 plus un abonnement. Ils décrivent des prestations différentes avec les mêmes mots, et le tableau comparatif que vous vouliez faire s'arrête à la première ligne.
Le problème n'est pas le prix, c'est le périmètre. Voici les cinq questions qui forcent les devis à devenir comparables, et ce que chaque réponse révèle.
1. Qu'est-ce qui est inclus, exactement ?
Faites préciser, poste par poste : le nombre de pages, qui écrit les textes, qui fournit les photos, la version mobile, les langues, le nombre de séries de corrections, la formation à la mise à jour.
Les textes sont le poste le plus souvent flou : « rédaction incluse » peut vouloir dire reformuler vos brouillons ou écrire à partir d'entretiens, et l'écart vaut des milliers de francs. Les fourchettes par type de site sont dans notre guide des prix ; un devis sérieux se situe dedans et explique pourquoi.
Un prestataire qui répond ligne par ligne n'a rien à cacher. Un devis d'une ligne (« création site internet : CHF 6'500 ») en cache toujours.
2. Qui possède quoi ?
Le nom de domaine doit être enregistré à votre nom, pas à celui de l'agence. Le contenu vous appartient. Le site lui-même doit pouvoir déménager chez un autre hébergeur ou un autre prestataire.
C'est la question qui démasque le piège classique du prix d'appel : CHF 500 le site, puis CHF 150 par mois, difficile à résilier. Après trois ans vous avez payé CHF 5'900, et si vous partez, le site disparaît avec l'abonnement. Un prix bas avec dépendance coûte plus cher qu'un prix honnête avec propriété.
Formulation simple à exiger dans le devis : « le domaine, les contenus et le site sont la propriété du client à la livraison ».
3. Que se passe-t-il après la livraison ?
Trois sous-questions : combien coûte une modification ponctuelle (à l'heure, à la demi-journée) ? Que couvre la maintenance, à quel prix (le marché suisse se situe entre CHF 50 et 200 par mois selon la complexité) ? Et qui répond quand quelque chose casse, en combien de temps ?
La réponse distingue les prestataires qui construisent une relation de ceux qui livrent et disparaissent. Les deux modèles sont défendables ; ce qui ne l'est pas, c'est de le découvrir en pleine panne.
4. Comment ce prix a-t-il été calculé ?
Un devis est des heures multipliées par un taux. Demandez les deux chiffres, même approximatifs.
La question est devenue plus intéressante depuis deux ans : les outils de développement assistés par IA ont réduit les heures nécessaires pour un site de PME, nettement. Nous l'avons documenté outils en main. Un prestataire qui les utilise livre plus vite ou plus riche pour le même prix ; un devis 2026 identique au devis 2023 mérite la question : « vos méthodes ont-elles changé depuis ? ».
Vous n'avez pas besoin de comprendre la technique. La qualité de la réponse suffit à juger.
5. Que livrez-vous pour le référencement ?
« SEO inclus » ne veut rien dire. Faites lister : structure des pages et des URL, vitesse de chargement, balises de titre et descriptions, sitemap envoyé à Google, Search Console configurée à votre nom, et, si le site en remplace un ancien, le plan de redirections (sans quoi vos positions Google disparaissent).
Tout cela fait partie d'une construction sérieuse, pas d'un abonnement mensuel. Ce qui se paie une fois et ce qui se répète est détaillé ici.
Les signaux qui doivent faire fuir
Un contrat de plus de douze mois pour un simple site. Un hébergement « maison » impossible à quitter. Une garantie de position sur Google. L'absence de toute mention de propriété. Et un acompte de plus de 50% avant le moindre livrable.
Aucun de ces signaux ne prouve la malhonnêteté. Leur accumulation, si.
Contre-offre honnête
Si vous avez des devis sous les yeux en ce moment : envoyez-les-nous. Nous vous dirons gratuitement ce que nous y voyons, ce qui manque, et si le prix est cohérent avec le périmètre. Y compris si le devis est bon et que vous devriez signer. C'est le même regard que nous appliquons à nos propres sites, où ces cinq réponses figurent dans le devis avant qu'on nous les demande.
Questions fréquentes
Combien de devis demander ?
Deux ou trois, avec le même brief écrit d'une page : objectif du site, pages prévues, qui fournit les contenus, budget indicatif. Sans brief commun, vous comparez des interprétations, pas des offres.
Un devis doit-il être payant ?
Pour un site de PME standard, non. Un atelier de cadrage payant se justifie pour les projets complexes, et il doit alors produire un livrable qui vous appartient, utilisable avec un autre prestataire.
Le devis le moins cher est-il un piège ?
Pas nécessairement. Les outils modernes permettent de vrais prix bas, et un indépendant sérieux a moins de frais qu'une agence. Le piège se reconnaît à ce qui manque : propriété, contenus, après-livraison. Un prix bas avec les cinq réponses claires est une bonne affaire.
Combien de temps pour un site vitrine ?
Quatre à huit semaines dans la plupart des cas. Le retard vient rarement de la technique : il vient des textes et des photos qui n'arrivent pas. Si vous voulez tenir le délai, préparez les contenus avant de signer.